Témoignage en tandem : Gérard Rondal et Quentin Baeck

De gauche à droite: Quentin BAECK, Christine GOMEZ (Déléguée à la Tutelle IFAPME), Gérard RONDAL (Chef boucher)

Le tuteur en entreprise : Gérard Rondal

  • Chef boucher chez Renmans à Marche-en-Famenne
  • Formé lui-même en apprentissage
  • Signe particulier : longue expérience dans la transmission de son métier,
  • A formé, avec succès, une douzaine d’apprentis

L'apprenti : Quentin Baeck (19 ans)

  • Apprenti en 3e année de boucherie
  • Signe particulier : apprend son métier avec passion

Le responsable de l'entreprise : Yves Simon

  • Ancien apprenti
  • Chef de groupe chez Renmans
  • Gère actuellement une douzaine de boucheries

Monsieur RONDAL, pourriez-vous présenter votre entreprise ainsi que votre parcours personnel ?
Gérard RONDAL : À l’époque, mon père m’a dit "Tu iras comme apprenti à la première place qui se présente !" J’ai donc ouvert le journal "toutes boîtes" de la région et là, un boucher recherchait un apprenti… J’ai été pris tout de suite. Après mon service militaire dans la marine, je suis entré comme boucher chez NOPRI (NDLR : une ancienne chaîne de magasins) et ce, jusqu’en 1977.

J’ai ensuite décidé d’ouvrir ma propre boucherie, que j'ai exploitée 15 ans. Durant cette période, j’ai formé, avec un certain succès, près de 12 apprentis. Puis de vieux rêves ont ressurgis avec leur lot de remises en question… Je voulais bâtir, je désirais construire des maisons. J’ai remis mon commerce et me suis installé en France pour répondre à ce besoin de changement.

Au bout de 2 ans, la boucherie me manquait. Je voulais revenir à mes premières amours, mais à mon âge qui allait vouloir m’engager… RENMANS ! Visiblement, pour eux la date de naissance n’a pas d’importance, ce qu’ils veulent c’est du personnel qualifié et motivé. Répondant à ces 2 critères, ils m’ont d’abord engagé pour le site de Schaerbeek pour ensuite être transféré, à ma demande, dans leur implantation marchoise.

Et toi, Quentin comment as-tu choisi de devenir apprenti en boucherie ?
Quentin BAECK : En fait, je m’ennuyais à l’école. Je ne savais pas rester 8 heures assis sur un banc, il fallait que ça bouge. J’ai reçu la brochure "toutes boîtes" de l’IFAPME qui présentait le contrat d’apprentissage et la convention de stage. Je me suis renseigné auprès du Centre de Formation PME de Luxembourg avec comme idée préalable de trouver quelque chose dans le secteur de l’HORECA. A l’issue d’une conversation avec ma maman, j’ai finalement opté pour la boucherie et je ne regrette rien !

J’ai pris contact avec Madame Gomez, Déléguée à la tutelle de l’IFAPME, qui m’a proposé de faire un test chez RENMANS à Marche-en-Famenne.

Comment s’est passée votre première rencontre ?
G.R. : (sourires et regards qui se croisent) Lorsqu’il est arrivé, il était un peu timide, mais je dois admettre qu’il s’est intégré très rapidement.
Q.B. : C’est vrai que le premier jour, je n’en menais pas large… Pour moi, la boucherie ça se limitait au comptoir et je n’imaginais pas du tout ce qu’il y avait derrière… l’atelier, les chambres froides… Mais aujourd’hui, ça va beaucoup mieux.
G.R. : C’est vrai qu’aujourd’hui, il se révèle être un apprenti exceptionnel. Il s’intéresse à tout : aux commandes, aux recettes, à la planification des horaires et sans mauvais jeux de mots, je peux dire qu’il a la boucherie dans le sang !

Une petite anecdote peut-être ?
G.R.: Dans les 6 premiers mois de sa formation, il était tellement pris par l’aspect pratique qu’il en oubliait parfois d’assister aux cours et se présentait à la boucherie plutôt qu’au Centre de formation.
Q.B. : Heureusement, Gérard, mon tuteur, Monsieur SIMON et Madame GOMEZ, Déléguée à la tutelle ont réagi rapidement pour me rappeler que les cours faisaient également partie de la formation et qu’il était très important pour eux que je réussisse.

Si c’était à refaire ?
Q.B. : Sans aucun problème, j’ai vraiment l’impression d’avoir pris ma vie en main !
Yves SIMON : Pour la société RENMANS, c’est très important de former les futurs bouchers qui, en fonction de la motivation qu’ils démontrent, ont de grandes chances de devenir des collaborateurs de l’enseigne. C’est d’autant plus important pour nous, que nous travaillons dans un secteur qui connaît des pénuries de main d’œuvre régulières. En plus, si l’on tombe sur des jeunes aussi motivés que Quentin, on les imagine facilement grimper dans la hiérarchie…

Messieurs Simon et Rondal, pourriez-vous donner deux conseils à un jeune qui se présenterait chez vous ?
Y.S. et G.R. : Se présenter et s’exprimer de manière correcte. S’intéresser au métier et poser des questions. Faire preuve d’initiatives, ne pas attendre que l’on leur demande de faire les choses.

Comment décririez-vous votre métier pour le rendre attractif ?
Y.S. et G.R. : Les métiers de la boucherie sont aujourd'hui un mélange de conseils à la clientèle et de travail de préparation de plats et de découpe des viandes. C'est surtout un secteur qui recrute régulièrement et qui paie bien.

Quentin, si pour conclure, je te demandais comment tu t’imagines dans 5 ou 10 ans ?
Q.B. : A la place de Gérard, chef de ma boucherie !