Témoignage en tandem : Léon Materne et Sébastien Dion

De gauche à droite: Sébastien DION et Léon MATERNE, son tuteur en entreprise

Le patron-formateur : Léon Materne

  • Responsable des Ets Léon Materne à Ebly
  • Lui-même formé en apprentissage
  • Signes particuliers : transmet son métier avec passion

L'apprenti : Sébastien Dion (19 ans)

  • Apprenti en 3e année mécanique horticole
  • Signes particuliers : motivé, volontaire, courageux
  • Ce qui l'énerve : l'image négative de l'apprentissage
  • Ce qu'il apprécie : la diversité des machines, apprendre en étant rémunéré

Monsieur MATERNE, pourriez-vous présenter votre entreprise ainsi que votre parcours personnel ?
Léon MATERNE : En fait, je peux dire que je suis tombé dedans étant petit. Issu d’une famille d’agriculteurs, outre les travaux liés à la ferme, mon enfance a été bercée par le ronronnement des tracteurs et autres moteurs de machines agricoles… et puis, à l’adolescence, je ne voulais plus aller à l’école alors, pendant les vacances, j’ai fait une semaine d’essai chez un patron et ça m’a plu tout de suite.

Je me suis donc présenté au Centre IFAPME de Libramont pour y suivre une formation en apprentissage. Petite difficulté : la formation pratique se donnait, et se donne toujours d’ailleurs, à Gembloux, au Centre de Mécanique agricole et horticole, ce qui faisait de longs trajets, mais j’étais motivé ! Après ma formation, j’ai travaillé 2 ans en tant que salarié et développé une activité complémentaire dans l’entretien, la vente et la réparation de machines horticoles.

On est alors en 1995, année de tous les changements : je me marie, nous lançons la construction de notre maison et, pour faire face à une demande croissante, je m’installe comme indépendant à temps plein. Faut dire que le travail ne manque pas…  Au départ, dans la région, nous étions 6 entreprises actives dans le secteur. Aujourd’hui, je suis tout seul avec mon apprenti bien sûr, mais seul à proposer des services en mécanique horticole.

Et toi, Sébastien comment as-tu choisi de devenir apprenti en mécanique horticole ?
Sébastien DION : Au départ, j’étais dans l’enseignement général, mais ce n’était vraiment pas mon truc. Heureusement, mes parents m’ont toujours soutenu. J’ai tenté plusieurs formules : l’électromécanique (usinage), l’horticulture (parcs et jardins), mais c’était toujours pas ça ! Sauf, qu’au cours de ces expériences, j’ai eu quelques heures de mécanique horticole qui m’ont beaucoup intéressé, mais il me fallait du concret et de la pratique!

Lors d’un repas de famille, une tante (elle-même issue du Centre de Formation PME Luxembourg) m’a résumé en quelques mots ce qu’était l’apprentissage : "un peu au cours, beaucoup en entreprise". Il ne m’en fallait pas plus, j’étais décidé à devenir apprenti, mais il me fallait trouver un patron. Papa, travaillant dans une grosse pépinière de la région, a provoqué une entrevue avec une de ses connaissances, Monsieur Materne...

Comment s’est passée votre première rencontre ?
Léon MATERNE : Très bien ! Sébastien a pris rendez-vous. Il est venu accompagné et nous avons discuté de ses motivations. Et je dois reconnaître qu’en terme de motivation, je dois lui tirer mon chapeau. Vous savez, dans cette région, les transports en commun sont plutôt rares. Sébastien a donc décidé de quitter le domicile familial situé à 35 km d’ici, pour venir s’installer chez une tante qui réside moins loin de l’atelier. En plus, j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider, j’étais vraiment débordé de travail. Sébastien tombait bien. Il a tout de suite été mis dans le bain !

Et si c’était à refaire ?
Sébastien DION : Sans aucun problème ! Et, si je l’avais su plus tôt, j’aurais commencé l’apprentissage dès mes 15 ans.
Léon MATERNE : Effectivement, je suis partant à 100% ! Une fois qu’on en a un, je dois reconnaître qu’un apprenti motivé est une aide précieuse dans une petite entreprise.

Monsieur Materne, pourriez-vous donner deux conseils à un jeune qui se présenterait chez vous ?
Léon MATERNE : Tout d’abord, je lui conseillerais de soigner son entrevue. Le premier contact avec le patron est déterminant ! Une tenue correcte et une expression tout aussi correcte me paraissent être un minimum et témoignent d’une certaine motivation. Ensuite, plus qu’un conseil, je le féliciterais d’avoir opté pour l’apprentissage qui reste de loin la meilleure manière d’apprendre un métier.

Comment décririez-vous votre métier pour le rendre attractif ?
Léon MATERNE : C’est un métier très varié. On travaille sur des gammes de machines très différentes et de plus en plus technologiques. Soulignons aussi que les constructeurs font des efforts tout particuliers pour le design de leurs engins, ce qui nous donne parfois l’impression de travailler sur des machines de compétition.

Sébastien, si pour conclure, je te demandais comment tu t’imagines dans 5 ou 10 ans ?
Sébastien DION : J’aimerais bien suivre les traces de Monsieur Materne. Après ma formation chef d’entreprise, je travaillerai quelques années comme salarié avec une activité complémentaire. Ca me permettrait de mettre de l’argent de côté pour équiper mon atelier (l'outillage est assez coûteux) et de me créer une petite clientèle avant de devenir mon propre patron.